Nouveau Recueil

Après "les coquelicots sont éphémères" qui suit son cours tranquilement... Après deux projets avortés qui verront certainement le jour un jour ("le roman de Lola" et "Chambre n° 9)... Je me lance dans un nouveau projet...
D'abord, ce sera "je" le narrateur. Cela pourra être une fille (surtout une fille) ou un garçon. Le second point commun qui réunira ces textes sera le thême abordé. La peur et les angoisses. Tout le monde a peur du dentiste, de l'avion, d'une rue sombe la nuit, de passer son permis (je n'ai pas encore toutes les idées en tête et très peu sont écrites); mais plus que tout, une même peur fait vivre et survivre surtout tous les êtres présents sur terre : la peur de l'amour. Voila ce qui va lier toutes ces histoires.

UNE ANGOISSE PROPRE A CHACUN LIEE INLASSABLEMENT A UNE PEUR COMMUNE, CELLE DE L'AMOUR !

Le rythme des textes sera aléatoire en fonction de mon écriture... Une chose est sur, le recueil sera sur ce blog avant d'être dans un livre. Je vous souhaite une agréable lecture avec le premier (inachevé) intitulé "la salle de torture".

Toutes vos critiques sont les bienvenues pour que je construise un bel univers. A bientôt. Christophe.

Le Bal des Voleurs

La ville de Sarcelles est réputée pour sa tranquilité et son dépaysement. Mais des voleurs chelous cherchent à détrousser les touristes et à séduire les jeunes meufs de la bonne société... Vous ne vous trompez pas, c'est bien la pièce de Jean Anouilh... Un grand classique revisité et mis en scène par Sophie Petit...


Lundi 19 mai 2008
par Christophe CARRERAS

Elle est assise à ma droite, ma mère. Avec ses cheveux longs bouclés. Sa monture de lunettes rouge en forme de papillons. Histoire d’être à la mode. Au final, elle fait cruche. Son tailleur bleu nuit sur son chemisier blanc. Au moins là, l’habit fait le moine. Froide, austère et pompeuse. Voici les quelques traits de costume et de caractères qui définissent ma mère. En quelques mots.

Ma mère, femme de moyen-âge sortie tout droit d’un champ de patates douces du XII° siècle. Officiellement, elle a trente sept ans. A la voir, n’importe qui lui en donnerait pas moins de cinquante. Ma mère, le regard vide et les lèvres épousant le néant. Les seules fois où sa langue tourne dans sa bouche, c’est pour parler.

Mon père s’est barré depuis plusieurs années déjà. J’étais jeune, je ne m’en souviens plus. Depuis, elle ne m’a jamais présentée de beau-papa ou d’amant rencontré au secrétariat de l’université où elle travaille. Ça doit être chiant quand même de plus embrasser de garçons. Là, je mets une option. Je n’ai que douze ans. Et celui dont je suis amoureuse, je n’ai pas encore été le voir. Trop timide.

A ma gauche, une chaise vide. En face de moi, un miroir. Je me vois à l’intérieur. Et plus je me regarde, plus je me dis que je ne ressemble pas à ma mère. Encore heureuse. Je me serais déjà tiré une balle depuis longtemps. Y’aurait eut du sang sur le miroir. Du sang qui aurait giclé de ma cervelle. Car, si je devais choisir comment mourir, ce serait d’une balle dans le palais. Oui. D’ailleurs le palais, parlons-en. Il paraît qu’il est à refaire. Mes dents soi-disant ne poussent pas droites. S’il me demandait ce que je n’aime pas en moi, je dirais sans hésiter mes dents. Il, c’est Benoît. Mon amoureux. De toute façon, il ne vient pas me voir. Il ne me parle pas. Normal. Mes dents sont la première chose que l’on voit quand on me regarde et de suite, ça éloigne.

A part les dents, je ne suis pas si moche que ça. Faut pas pousser non plus. Quelques boutons d’acné par-ci par-là. Mais j’ai Biactol. A travers le miroir, je me regarde et j’observe ma mère. Moi, j’ai les cheveux mi-courts qui me tombent sur les oreilles. Une frange sur le front. Ça cache quelques impuretés. Le seul point commun visible entre ma mère et moi, ce sont les lèvres et le nez. On a la même moue. Le même nez, la même bouche, la même odeur quand on nous touche. Rassurez-vous, la ressemblance s’arrête là. C’est moi que je rassure surtout.

Il suffit d’y regarder d’un peu plus près. Je ne porte pas de tailleur. C’est nul les tailleurs. Je porte le plus souvent un jean taille basse et des t-shirts super larges avec des trucs écrits dessus. « Punk is not dead », « Nirvana ». Oui, j’adore le rock et le punk. Pour mon anniversaire, ma mère m’a fait plaisir, elle m’a offert une place pour aller voir Indochine. J’étais trop contente. Bon après, elle s’en est prit une pour elle aussi. Dans les gradins, c’était cool mais ma mère ne connaissait aucune chanson et elle est restée assise tout le temps. La honte. Tout ça pour vous dire que je n’ai rien à voir avec ma mère.

Là où nous nous trouvons, ma mère et moi, nous ne sommes pas seules. Il y a une vieille, les cheveux blancs surplombant des rides sur le visage. Elle n’est pas jolie, elle n’est pas moche non plus. Elle me regarde un sourire aux lèvres. Elle porte un dentier. Il y a aussi un homme qui me fait peur. Des lunettes carrées, dressé sur sa chaise, il s’est prit un balai dans le cul au réveil. Tout le contraire de la vieille, il fait la gueule. Je devrais tenter un rapprochement avec ma mère. Ils semblent fait pour s’entendre ces deux là.

Sur les murs, des affiches avec des sourires partout. Des numéros de téléphone. Des slogans qui vantent les méritent de tel dentifrice, de tels soins aux dents.

Je suis chez mon dentiste. Enfin, celui de ma mère. J’ai pas le droit de choisir. D’ailleurs, si j’avais à choisir. J’irais pas chez le dentiste. J’aime pas. A chaque fois que j’y vais, je me retrouve avec une carie à soigner. Tu manges trop de sucreries qu’il me dit. Et quand il n’y a rien, il trouve toujours un truc.

Vivement qu’il parte à la retraite. Il ne doit pas en être loin. Ma grand-mère le fréquentait déjà avec ma mère quand elle avait mon âge. Il s’appelle Soudet. Il a un nom qui convient comme deux gouttes d’eau à sa fonction.

Qu’est-ce qu’il va me trouver aujourd’hui ? Une nouvelle carie ? Tout ce que j’espère, c’est qu’il ne m’annonce pas que je doive porter un appareil. Ce serait atroce pour mon avenir. Pour Benoît.

Perdue dans mes pensés, mes espoirs, je n’ai pas vu que le docteur a ouvert la porte de sa salle de torture. Il a déjà raccompagné sa dernière victime et s’est avancé dans la salle d’attente.

Je lève la tête au moment il prononce de sa voix criarde « Mademoiselle Velay ».

C’est moi. Je le suis toute anxieuse. Ma mère m’accompagne. Je croise les doigts.

 

*

 

La salle de torture ne change pas. Surtout qu’entre mes deux visites chez le dentiste, j’ai été voir Sweeny Todd, et je me demande ce qu’il fait de ses victimes, Monsieur Soudet, quand il les rate. Ça doit bien arriver.

La salle est divisée en deux. Une première partie, avec le bureau du docteur, pour faire bonne impression au premier regard. C’est là que ma mère m’attend. Moi, je suis embarquée directement dans l’autre partie de la salle. Sur la marche supérieure. C’est là que le docteur a installé tous ses objets de torture. Il a les moyens de me faire parler. Enfin, de me faire ouvrir la bouche.

Dans un silence pesant, il m’invite à m’asseoir dans le siège qu’il adapte à ma taille. Il me met dans la gueule sa lampe rectangulaire. Il me fait ouvrir la bouche, consulte son ordinateur, s’habille d’un masque, me glisse dans la bouche un tuyau et des quantités incalculables de petites machines qui me font peur.

La bouche grande ouverte, je ferme les yeux et j’attends le plus tranquillement possible qu’il me dise que je peux me redresser et recracher.

 

*

 

— Au revoir Mademoiselle, qu’il me fait tout sourire se ses dents blanches, et s’adressant à ma mère : au revoir Madame. Bonne journée.

Je n’ose à peine le regarder. Les deux personnes que je déteste le plus au monde sont là. Ma mère qui m’a amené ici et le dentiste qui m’a prescrit un rendez-vous chez l’orthodontiste pour la pose d’un appareil.

Ce que je viens de vivre dans sa salle de torture n’est rien comparé à ce qui m’attend. Benoît voudra-t-il de moi si je viens vers lui un sourire de ferraille dans sa direction ? La vie est trop injuste. Vite, quand je rentre j’appelle Stéphanie, elle saura me dire comment opérer. C’est ma meilleure amie.

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publié dans : Nouveau Recueil
Mercredi 14 mai 2008
par Christophe CARRERAS

Un petit groupe de cinq perché au pied du Centre Leclerc, seul au bord d'un rond-point, en perdition sur la route de la folie, posté dans un muret... Les coquelicots ont refait leur apparition... Hier.
J'en ai cueilli un, il ne résitera pas longtemps mais il orne mon bureau. Ils sont beaux ces coquelicots...

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publié dans : Les coquelicots (2007)
Mardi 13 mai 2008
par Christophe CARRERAS
Elle était là,
Elle me fit un peu tourner
J’étais en elle,
Mon esprit tout retourné ;

Elle était là,
Allongée près de minuit
J’étais en elle,
Et c’était déjà fini ;

Elle était là,
Allongée sur le côté
J’étais en elle,
Et je me mis à remuer ;

Elle était là,
Sur la départementale
J’étais en elle,
Bien plus de peur que de mal.
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publié dans : Tapas (2000-2008)
Dimanche 11 mai 2008
par Christophe CARRERAS
On s'éprend, on s'approche
On se vend, on s'accroche
On s'entend, se rapproche
On se prend, c'est fastoche

On s'appelle, on décroche
On s'épelle, on raccroche

On attend, on ricoche
On se ment, on s'écorche
On se rend, s'effiloche
Et le temps nous taloche
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publié dans : Tapas (2000-2008)
Vendredi 9 mai 2008
par Christophe CARRERAS

« Dans les livres il y a des chapitres pour bien séparer les moments, pour montrer que le temps passe ou que la situation évolue, et même parfois des parties avec des titres chargés de promesses, La rencontre, L’espoir, La chute, comme des tableaux. Mais dans la vie il n’y a rien, pas de titre, pas de pancarte, pas de panneau, rien qui indique attention danger, éboulements fréquents ou désillusion imminente. Dans la vie on est tout seul avec son costume, et tant pis s’il est déchiré. »

Décembre 2007, la fatigue ne voulant pas venir, Jen m’avait prêté un livre qu’elle était en train de lire. Je l’ai commencé, je m’y suis attaché, je ne l'ai pas finit (j'ai quand même dévoré près de 150 pages à 2h du matin). Mai 2008, je retrouve ce livre à la bibliothèque de Gisors et le termine.


« No et moi » de Delphine de Vigan raconte l’histoire d’une jeune adolescente de 15 ans au QI de 160, Lou, qui en cours d’histoire géo de Monsieur Marin décide de réaliser un exposé sur les sans-papiers. Elle souhaite même en interviewer un. Elle va rencontrer Nolwen. Une amitié va se créer. Lou va grandir. No va retrouver goût à la vie. Autour d’elles gravitent plusieurs personnes. Les parents de Lou, un couple qui ne va pas si bien que ça. Sa mère est une vivante morte, son père soigne les apparences. Il y a aussi Lucas, deux ans de plus que Lou, il a redoublé deux fois sa seconde. Elle l’aime bien. Et puis tous ceux de sa classe qui regarde Lou comme l’intellectuelle et se moquent un peu d’elle, notamment Axelle et Léa.


On est prit dans ce livre, les larmes cherchant à s’échapper de la rétine continuellement, mais ce n’est qu’à la fin qu’elles sortent. Le roman est rempli d’espoir et de désespoir, de poésie et d’humour, de milliards d’additions en tout genre. Un livre que je vous conseille vivement.


« Il va aller à la soirée de Léa. Il va y aller sans moi. J’ai bien essayé de m’imaginer au cœur de la fête, avec les spots, la musique, les Terminale et tout. J’ai bien essayé de trouver des images qui avaient l’air authentiques, moi en train de danser au milieu des autres, moi en train de discuter avec Axelle, un verre à la main, moi assise sur un canapé en train de rigoler. Mais ça ne fonctionnait pas. Ce n’est pas possible, tout simplement. C’est inconcevable. C’est comme essayer de se représenter une limace au milieu du Salon International des libellules. »

Le livre chez l'éditeur
ici et un extrait lu par l'auteur ici

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publié dans : Chroniques

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  • : "Les coquelicots sont éphémères" ne devaient être que la présentation de mon dernier recueil. Mais comme les jours suicident un semblant d'almanach, ce blog va devenir un éphémèride, celui de mes écrits...
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